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1885 : Naissance de Patton, le 11 novembre |
George Smith Patton Jr. est né le 11 novembre 1885
à San Gabriel, en Californie, au Lake Vineyard Ranch.
George Smith Patton Jr., Georgie, comme l'appelaient ses familiers, avait toujours eu la vocation de soldat. A huit ans, il voulait déjà devenir général.
Patton enfant avait, dans sa famille même, de nombreux exemples de héros et de chefs valeureux qui s'étaient illustrés pendant la
Guerre de Céssession aux Etats-Unis.
Ses héros favoris étaient ceux de l'Illiade et de l'Odyssée dont il écoutait inlassablement les récits. Mais si les récits l'enthousiasmaient, il désirait déjà passer à l'action.
Le père de Georgie, avait trois amis qui étaient de vieux soldats et qui apprenaient à Patton enfant à faire l'exercice, à lire les cartes, à étudier le terrain. Ils firent la première éducation militaire du général Patton.
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1903 : Patton est Cadet à West Point |
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A l'âge de dix-huit ans, Georgie Patton entra à l'Ecole des cadets de West Point, célèbre institution militaire nationale américaine qui correspond à notre Ecole de Saint-Cyr. Son grand-père avait déjà porté la tunique verte et le pantalon blanc de cette école de renom.
A West Point, notre futur officier montrait peu de zèle pour l'étude du latin et des mathématiques.
En revanche, il dépassait tous ses condisciples en tout ce qui touchait à la tactique militaire, aux exercices et aux sports de toutes sortes. Il était devenu un gymnaste de première ordre et le meilleur escrimeur de West Point. En sortant de l'école des cadets, en 1910, le sous-lieutenant Patton épousa la jeune fille qu'il aimait depuis l'âge de seize ans et ils rejoignirent la garnison qui lui était assignée.
Dans ses garnisons successives, à Fort Sheridan d'abord, à Fort Myer ensuite, le jeune officier utilisa toute son énergie et tout ce que la vie militaire lui offrait comme loisirs à organiser et à développer les sports dans l'armée. Lui-même, avec toute sa jeunesse et son insolente ardeur, dirigeait l'entraînement, organisait des compétitions sportives et des concours hippiques. A ses moments perdus, lui et son épouse, qui connaissait bien notre langue, traduisaient des traités de cavalerie de notre fameuse Ecole de Saumur.
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1912 : Patton aux Jeux Olympiques de Stockholm |
En 1912, Georgie Patton prit part aux Jeux Olympiques qui eurent lieu à Stockholm. Il s'inscrivit pour l'épreuve du Pentathlon qui comprenait l'escrime, la natation, le cross et le tir au pistolet. Il défendit brillamment les couleurs américaines, battant au fleuret, la meilleure lame française de l'époque, et se classa quatrième au classement général du Pentathlon.
Profitant de ce voyage en Europe, Patton et sa jeune femme allèrent visiter notre Ecole de Saumur. Certes, le sous-lieutenant Patton n'aurait pas voulu rentrer chez lui sans voir de lui-même ces exercices équestres dont la renommée était mondiale.
L'année suivante, ce fut le gouvernement américain qui envoya Patton étudier sur place la technique du sabre à Saumur, afin de rénover les méthodes américaines.
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1914 : expédition punitive de Patton au Mexique |
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La guerre venait d'éclater en Europe. Le sous-lieutenant Patton rongeait son frein. Son ardeur belliqueuse et son activité débordante s'accommodaient mal de la vie de garnison. Il avait hâte d'être au feu et son désir le plus ardent était de se joindre comme volontaire aux cadres noirs de Saumur, mais cette faveur lui fut refusée par ses chefs.
Bientôt, il apprit qu'une occasion s'offrait peut-être d'aller se battre. Le général Pershing, le futur chef des forces expéditionnaires en Europe, allait commander une expédition punitive au Mexique. Aussitôt, le jeune sous-lieutenant se rendit au quartier du général Pershing, mais celui-ci avait la réputation d'être sévère et difficilement abordable.
Pershing refusa d'abord. Son état-major était au complet. Mais Patton insista tellement qu'il le convainquit. Devant l'ardeur du jeune officier, il eut l'impression qu'il ne regretterait pas de s'être laissé fléchir. Georges Patton partit pour le Mexique où il gagna ses galons de lieutenant et l'estime de son chef.
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1917 : Pershing et Patton en Europe |
En 1917, le torpillage par les Allemands du Lusitania qui ne transportait que des civils, décida de l'entrée en guerre de l'Amérique. Le général Pershing commandait le corps expéditionnaire qui devait partir prochainement pour l'Europe.
II n'avait pas oublié Patton dont cette fois il devança les désirs. Le faisant appeler, il lui dit : « Capitaine Patton, voulez-vous faire partie de mon état-major ? »
Une fois embarqué le capitaine Patton questionnait les officiers anglais et canadiens sur la manière dont on se battait en Europe, sur les armes les plus employées et sur les différentes techniques.
Enfin, le 13 juin, le général Pershing et son état-major débarquèrent à Boulogne où ils furent reçus par le général Joffre au milieu de l'enthousiasme général. Ils traversèrent une foule en délire qui hurlait sa joie d'accueillir la nouvelle alliée dans les rues pavoisées aux couleurs américaines. Pershing fut couvert de fleurs.
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1917 : Patton et le premier bataillon de tanks |
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Puis il y eut les mois d'entraînement qui paraissaient si longs au capitaine Patton désireux d'aller au combat.
Mais ses grandes qualités d'organisateur étaient trop précieuses au général Pershing pour que celui-ci s'en séparât. Enfin, un jour, Pershing le fit appeler. Il lui dit : « Capitaine Patton, j'ai décidé de vous laisser goûter au combat. Malheureusement, les progrès de l'artillerie limitent l'usage de la cavalerie, de telle sorte que je ne puis utiliser vos talents de cavalier. Mais nous aurons bientôt un bataillon de tanks. J'ai besoin d'un homme tel que vous pour le mettre sur pied. A moins que vous ne préfériez un bataillon d'infanterie. »
Cette proposition pour flatteuse qu'elle fût, demandait réflexion. On connaissait encore très mal les tanks, cet engin nouveau dont l'efficacité était encore à prouver. Patton différa sa réponse.
Cependant, il se montrait toujours à l'affût du progrès. Très vite, il comprit le parti que l'on pourrait tirer des tanks en leur apportant les perfectionnements nécessaires, tel l'équipement radiophonique qui remplacera bientôt le panier de pigeons-voyageurs jusqu'alors le seul moyen de liaison.
« On utilisera les tanks, disait-il, comme la cavalerie. »
Lorsque le capitaine Patton, qui devait être le premier officier américain à commander les blindés donna sa réponse au général Pershing, il lui dit :
« Mon général, je suis heureux de prendre ce nouveau commandement, parce que je crois que c'est avec les tanks légers que nous infligerons le plus de pertes à l'ennemi, tout en perdant nous-mêmes le moins de vie humaines. »
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1918 : Patton commande la première Brigade de chars |
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A Bourg, Patton s'exerça lui-même en entraînant ses cinq cents hommes sur des chars français. Il termina son apprentissage en se joignant à un bataillon de tanks français. Avec lui, il prit part comme observateur aux contre-attaques de Montdidier et de Noyon. Mais, après ces quinze jours de combat, Pershing rappela son bouillant capitaine et exigea qu'il fit un stage de trois mois à l'école de guerre fondée à Langres pour les officiers de l'armée américaine et où la plupart des instructeurs étaient français. Le bruit du canon, qui n'était pas très éloigné, augmentait encore les regrets de Patton de ne pas prendre part à la bataille. Mais il apprenait ce qui manquait encore au futur chef : l'art de préparer une bataille et de la commander.
Enfin, en août 1918, la première Brigade de chars fut prête. Patton avait le grade de Lieutenant-Colonel. Seuls, les chars manquaient. Qu'importe ! Patton partit pour Paris et emprunta cent quarante-quatre chars à la France. Et deux jours plus tard, la première brigade de chars américains voyait le feu pour la première fois.
Sur le front qui s'étendait de Verdun à Saint-Mihiel, les Allemands avaient un saillant avancé. Ils avaient même fait dans les lignes françaises une brèche de vingt-cinq kilomètres qui allait jusqu'à Pont-à-Mousson, coupant ainsi la ligne du chemin de fer qui reliait Verdun à Toul. Leur position était excellente. Elle leur permettait de bombarder la ligne Paris-Nancy et menaçait le front allié dé la Meuse à l'Argonne. Grâce encore à ce saillant, ils pouvaient tenir Metz et protéger tout le bassin de Briey. On voit donc qu'il était essentiel de déloger l'ennemi de ce point. |
1918 : Patton engagé au saillant de Saint-Mihiel |
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Avant de déclencher l'offensive, Patton, avec un petit groupe de reconnaissance, réussit à franchir les lignes ennemies. Cette première équipée, qui dura une quinzaine de jours, permit aux Américains de préparer minutieusement leur première attaque sur notre sol. C'est aussi la première occasion qui s'offrait au lieutenant-colonel Patton de juger de la valeur offensive des tanks.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre, les engins furent amenés dans les bois de la Rheins. Ils y restèrent cachés deux jours, attendant l'ordre.
Pendant ce temps, Patton allait et venait au milieu de ses hommes, leur parlant à chacun, les encourageant, leur donnant aussi ses dernières instructions.
« Je serai avec vous » leur assura-t-il.
Et il tint parole. Contrairement à la coutume de l'époque qui exigeait encore que les chefs restent à leur poste de commandement en arrière du front, Patton entendait mener lui-même ses hommes au combat.
Enfin, l'ordre de départ, attendu avec tant d'impatience, arriva. II s'agissait de préparer la route à la première armée, qui attaquait au sud du saillant, pour opérer ensuite sa jonction avec la 4e et la 5e armée à Thillot, sur la rive de la Moselle, au milieu du saillant.
A la nuit profonde s'ajoutait un épais brouillard qui gênait considérablement les mouvements. A grand peine, ils arrivèrent à la lisière Est des bois de Remières. En sortant des bois, le ciel paraissait embrasé.
Les bombes explosaient de tous côtés, des villages entiers brûlaient... Ajoutez à cela le bruit assourdissant des tirs de barrage, c'était l'enfer ! Les tanks avançaient toujours avec une difficulté d'autant plus grande que le sol était totalement détrempé par la pluie. Le brouillard opaque rendait la visibilité impossible. Une compagnie du génie précédait les chars pour leur frayer une route. Bientôt, la largeur des tranchées, véritable cloaque, empêcha quelques chars de continuer leur route. Ils restèrent échoués dans la boue.
Deux chars voisins de celui qui conduisait Patton furent atteints et mis hors de combat. Plusieurs autres enfin, se perdirent dans le brouillard.
Enfin Patton et une demi-douzaine de tanks arrivèrent devant leur premier objectif, le village d'Essey, d'où l'ennemi ouvrit sur eux un feu nourri sans réussir à empêcher leur passage. Le quartier général allemand qui se tenait non loin de là, dans un abri bétonné, avait déjà pris la fuite.
Continuant leur route, au nord d'Essey, ils furent accueillis à Pannes par des mitrailleuses allemandes. Patton fonça dedans et fit une trentaine de prisonniers. Mais il était temps de se regrouper.
Plusieurs tanks furent dans l'impossibilité de rallier le commandement. Après une nuit de repos à Pannes, ils répartirent.
Dans l'après-midi du 15 septembre, Patton prit Saint-Benoît. L'opération était terminée. Les forces américaines avaient réussi à opérer leur jonction, libérant ainsi deux cents kilomètres de territoire français qui étaient aux mains des Allemands depuis le début de la guerre.
L'ennemi dans sa fuite abandonna une grande quantité d'armes et de munitions. Quant aux prisonniers tombés aux mains des Américains, ils étaient au nombre de seize mille.
Les pertes des tanks américains étaient légères : quatre officiers et cinq soldats tués, trois tanks détruits. Quarante-trois autres avaient dû abandonner, par suite de difficultés techniques.
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1918 : Patton participe à l'offensive sur la Meuse |
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Après huit jours de repos, Patton et sa brigade de chars furent renvoyées au combat avec la 28e et la 35e division d'infanterie américaine. Ils devaient participer à la grande offensive sur la Meuse.
Cette fois, les blindés, au lieu de monter à l'assaut comme précédemment, avaient reçu l'ordre de suivre l'infanterie pour compléter les dommages infligés par elle à l'ennemi et pour accélérer la retraite de celui-ci.
L'attaque commença le matin du 26 septembre à 2 heures et demie.
Deux mille six cents canons alliés, placés entre la Meuse et la forêt d'Argonne, avaient ouvert un tir nourri sur l'ennemi qui ripostait avec un acharnement égal.
La 28e division d'infanterie avança sur la rive Est de la Meuse. Malheureusement la 35e division d'infanterie, celle que devaient soutenir les tanks, était insuffisamment entraînée et fut incapable de soutenir son effort sous l'ardeur du feu incessant. Les officiers manquaient de préparation autant que les soldats qu'ils furent incapable de retenir, et bientôt la 35e division tout entière fut en débandade.
C'est alors que les blindés les remplacèrent en passant à l'assaut.
Mais la lutte fut âpre. Dès les premiers engagements, quarante-trois tanks furent mis hors de combat.
Patton, perché sur son char, commandait l'action, mais un obus éclata tout à côté de lui, sans le blesser. Il dut descendre de ce poste d'observation qui pouvait être un dangereux point de mire.
Marchant à côté de son char, il continua à diriger les opérations par signaux.
Dans la matinée, un grand nombre de chars se trouvèrent embourbés dans des trous de mines, à quelques mètres seulement des lignes allemandes et de leur artillerie lourde en pleine activité, dans un brouillard intense. L'air, empesté par l'odeur des cadavres, était irrespirable.
Patton partit lui-même à la recherche d'hommes supplémentaires pour l'aider à désembourber les tanks. Parmi les fuyards, il eut grand peine à persuader quelques fantassins de venir à son aide.
Au retour de cette petite expédition, un éclat d'obus frappa Patton à la cuisse. Son fidèle agent de transmission, malgré les obus qui éclataient de toutes parts sans interruption, parvint à transporter le colonel jusqu'à un trou d'obus où il était un peu à l'abri. Malgré sa blessure et le sang qui coulait abondamment, Patton continua à donner des ordres que portait l'agent de liaison. Il parvint ainsi à maintenir ses hommes à leurs postes de combat jusqu'à l'arrivée de l'officier qui devait le remplacer.
Le colonel Patton fut soigné dans un hôpital de base installé près de Dijon et dont à peine guéri il s'évada n’avait hâte de rejoindre sa Brigade qui avait subi de lourdes pertes. Mais celle-ci ne devait plus combattre dans cette guerre, car l'armistice fut signé quelques jours plus tard.
Le colonel Patton rentra dans ses foyers où l'attendaient sa femme et ses deux filles. Dans les années qui suivirent, Patton eut la joie d'avoir le fils qu'il avait tant désiré et qui fut appelé Georges, comme son père.
La vie de garnison reprit. Georgie Patton redevint officier de cavalerie, mais avec le même grade qu'il avait en quittant son régiment à son départ pour la France, c'est-à-dire celui de Capitaine.
Pendant les vingt années qui le séparaient de la deuxième guerre mondiale, Patton ne resta pas inactif. Ses occupations furent aussi nombreuses que variées.
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1940 : Patton devient Général de Brigade |
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L'Amérique avait assisté impuissante à l'effondrement de la Pologne, à l'invasion, des pays scandinaves, à celle de la Belgique et des Pays-Bas et enfin à notre débâcle. Elle savait maintenant que son tour d'entrer dans la grande mêlée approchait .
Georges Patton qui avait été jusqu'alors maintenu dans la cavalerie, devint Général de Brigade et reçut enfin cent cinquante chars destinés à l'entraînement d'une brigade blindée.
Ces chars dataient de la première guerre mondiale. Qu'importe, en attendant mieux, ils marcheraient quand même.
A Fort Rily d'abord, à Fort Benning ensuite, Patton soumit à un entraînement intensif ceux qui devaient former la glorieuse division blindée, malgré le matériel suranné et très souvent défectueux.
Cependant, avec le formidable esprit d'organisation qui animait Patton et dont il n'avait jamais cessé de faire preuve, la Brigade de chars devint très rapidement un corps d'élite. Le matériel se perfectionna rapidement et le nombre des Jeeps dont l'emploi devait remplacer en grande partie celui de la cavalerie dans les services de liaison s'accroissait à une cadence vertigineuse.
Pourtant, rien n'allait assez vite pour le bouillonnant Patton qui délaissait la Jeep pour parcourir des distances, même courtes, dans son avion. Ainsi, était-il partout, surveillant lui-même les exercices et les manœuvres.
Cet entraînement intensif auquel Patton soumit ses hommes, dura deux années, pendant lesquelles on rattrapa le temps perdu. C'était dur.
Pour entretenir le moral de ses troupes, Patton comme auparavant déjà avait établi entre ses hommes et lui un contact direct.
A Fort Benning, il avait fait construire une immense salle munie d'un puissant micro. Dans cette salle, Patton s'adressait aux soldats dans le langage qui lui valut, par son éloquence et par la violence de ses expressions, le surnom de « Sang et Tripes » (Blood and Guts), mais qui contribua à lui gagner son immense popularité.
« Le vieux », comme l'appelaient familièrement ses soldats, avait l'œil à tout. L'uniforme fut modifié selon les nécessités imposées par les blindés et Patton dessina lui-même le casque inspiré de celui des joueurs de rugby. Il n'y eut pas jusqu'à la musique du régiment et à sa marche qui ne furent surpervisées par Patton.
Après l'attaque de Pearl-Harbor par les Japonais, la participation des Américains à la guerre devint effective.
Au début de 42, il s'affirma que des opérations de grande envergure auraient lieu en Afrique. Quelques questions se posaient. Comment les troupes résisteraient-elles au climat et à un sol inconnus ? Et l'équipement ? Conviendrait-il ? Qu'à cela ne tienne on s'entraînerait !
Et le général Patton partit lui-même à la recherche d'un nouveau terrain de manœuvres qui se rapprocherait autant que possible du sol d'Afrique. Après plusieurs jours de recherches, il le découvrit.
C'était une surface de cinq mille kilomètres carrés environ qui occupait une partie de la Nevada et de l'Arizona à l'Ouest du Colorado, dans une région couverte de cônes volcaniques, poussiéreuse et dans laquelle on souffrait d'une chaleur torride. Tel était le nouveau camp de manœuvres de la 2e division blindée.
Les manœuvres précédentes étaient des jeux d'enfants comparées à celles-ci. Nombreux furent les officiers et les soldats qui n'eurent pas l'endurance physique nécessaire pour les supporter et qui durent être remplacés.
L'équipement lui non plus ne résista pas toujours et dut être modifié, en particulier la radio et l'équipement photographique.
On s'aperçut aussi que l'absence de routes et de signalisation nécessitait d'autres connaissances et Patton, se souvenant de ses croisières, fit instituer un cours de navigation céleste et adapter aux chars des compas solaires.
Pendant ces six mois de dure épreuve, Patton partagea complètement la vie de ses soldats. Il conduisait lui-même n'importe quel engin, réparait les pannes, changeait une roue.
Rien ne le mettait plus en colère que de voir un officier qui prétendait donner des ordres de loin. « On ne conduit pas une bataille par téléphone ! explosait Patton. Restez avec vos hommes... et ne leur demandez jamais de faire ce que vous ne voudriez pas faire vous-même ! » A la fin de cet entraînement, Patton réunit une fois de plus ses hommes à la veille de partir pour la grande aventure.
« N'ayez pas peur de manquer de courage. Vous en aurez. Vous ferez votre devoir. Sous le feu, vous aurez une trouille de tous les diables, mais ce ne sera pas aussi terrible que vous le craignez. Grâce à vous tous, les gars, nous sommes prêts, et je serai fier de vous mener n'importe où ! »
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1942 : Patton et la campagne d'Afrique |
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Un immense convoi zigzaguait à travers l'Atlantique dans une direction inconnue. L'Augusta, à bord duquel était Patton, était escorté par des croiseurs et des torpilleurs. Au-dessus d'eux, les avions étaient si nombreux qu'ils formaient presque un plafond.
Au bout de douze jours de traversée, le 7 novembre, le convoi arriva à la fin de son voyage. L'épais brouillard qui s'était élevé subitement dissimulait encore aux troupes la côte Nord-Ouest de l'Afrique.
Le Général Patton ignorait encore quel accueil serait fait aux troupes américaines, mais il savait qu'une partie de la flotte vichyssoise mouillait sur cette côte.
Les éléments de cette immense flotte se séparèrent. Un premier groupe se rendit à Safi, un deuxième à Port-Lyautey et enfin le troisième dont faisait partie l'Augusta se dirigea vers Fedhala, à quelques kilomètres de Casablanca.
Vers minuit, les différentes unités stoppèrent. On lança enfin l'ordre tant attendu : « A vos postes de combat ! » Tout se taisait. L'obscurité était totale. Soudain, la lumière jaillit de la côte. Le phare El-Hank, les prenant pour un convoi venant de Dakar, les éclairait complaisemment.
C'était une aubaine, car, sur la côte, ils ne devaient s'apercevoir que plus tard de leur méprise. Aidés par les rayons du phare, le débarquement avait déjà commencé au cap Fedhala. L'Augusta s'approchait à son tour de la plage. Avant le jour, une première vague avait déjà débarqué. Les hommes dégringolaient le long des filets immenses qui couvraient les flancs de l'Augusta. Le général Patton voulait débarquer lui aussi avec le premier contingent. Il était déjà à bord d'une vedette lorsque le grand silence fut rompu.
La batterie côtière de El Hank avait ouvert le feu. L'Augusta avait riposté et la bataille navale était engagée.
Des cinq porte-avions américains, s'envolaient des bombardiers qui attaquèrent les batteries côtières ainsi que le croiseur Jean-Bart, le plus acharné au combat.
Ce ne fut que le 8 novembre vers midi que le général Patton débarqua. La 2e division blindée s'avança sur Casablanca avec le 3e régiment d'infanterie. L'avance fut lente car Patton était décidé à épargner le sang français.
Ce 11 novembre, anniversaire de l'armistice qui mit fin à la première guerre mondiale, anniversaire aussi du général Patton, fut pour lui un grand jour. Au moment où, pour se conformer aux ordres du général Eisenhower qui désirait accélérer la marche des événements en Afrique du Nord, Patton allait lancer une attaque sur Casablanca, le général Noguès, gouverneur du Maroc, lui envoya la reddition de Casablanca.
Ce jour-là, dans la 2e division blindée, on sabla le champagne abandonné dans sa fuite par la commission d'armistice allemande.
Les populations française et indigène firent de chaleureuses ovations à la 2e division blindée et au 3e régiment d'infanterie qui défilèrent dans les rues de Casablanca.
Le sultan du Maroc lui-même manifesta son amitié en recevant le général Patton et en le faisant grand croix de l'ordre de Ouissam Alaouite avec cette citation : « Les lions tremblent dans leurs tannières. » Mais le général Eisenhower prit une décision qui pour flatteuse qu'elle fût, n'en coûtait pas moins au général Patton. On lui retira momentanément le commandement de la 2e division blindée afin qu'il prit part, au début de l'année 1943, aux conférences sur le réarmement des forces françaises qui se tiendraient à Casablanca, avec le président Roosevelt, M. Churchill, le Général de Gaulle et le Général Giraud.
Bien que la campagne d'Afrique touchât à sa fin, les hommes de Leclerc et les troupes de Montgomery avaient encore affaire à forte partie.
Les redoutables divisions Panzer de Rommel qui continuaient à recevoir des renforts de Sicile à une cadence formidable, tenaient bon en Tunisie, où elles étaient, par la voie des airs, à une heure de la Sicile.
Il s'agissait donc de les en expulser à tout prix.
Rommel avait soixante-quinze mille hommes quand von Arnim se joignit à lui avec une armée toute fraîche de quatre-vingt mille hommes dont l'équipement, entièrement nouveau, était impressionnant. Les fameux « Tigre » en particulier, semblaient invulnérables.
En Janvier 1943, Eisenhower, laissant le Général Patton à Casablanca, envoya la 2e division blindée en Tunisie pour aider les troupes alliées auxquelles s'étaient déjà jointes la 1re division blindée et le 1er régiment d'infanterie.
Le haut commandement américain commit une première erreur qui était de priver de son chef la 2e division blindée encore insuffisamment habituée au combat. Une seconde erreur tout aussi grave fut de diviser la division en petites unités, lui faisant perdre ainsi toute son homogénéité, et son solide esprit de corps.
Ainsi handicapée, la 2e division blindée manqua de confiance, d'élan et subit de lourdes pertes.
Eisenhower rappela alors le général Patton qui, après les entretiens de Casablanca, était retourné en Amérique, et lui donna à nouveau le commandement du 2e corps d'armée.
Lorsque Patton reprit contact avec ses hommes, il fut indigné par ces soldalts à l'aspect débraillé. Le premier ordre qu'il donna fut que chaque homme en âge de le faire, devait se raser chaque jour.
Il rendit obligatoire le port de la cravate, même au cours de la bataille.
Agissant ainsi, il fit regagner à ses hommes de la dignité.
L'expérience avait prouvé aussi que la présence du commandement au milieu des hommes de troupe les encourageait. C'est pourquoi Patton décida que les officiers porteraient l'insigne de leur rang bien en vue sur leurs casques.
Un officier protesta :
« Mon général, je suis constamment sur le front, si je porte mes galons peints sur mon casque, je serai d'autant plus visible pour l'ennemi auquel je servirai de cible.
Et une fois mort, je ne servirai plus à rien, ni à vous ni à mes hommes. » Sans mot dire, Patton emmena dans sa jeep le colonel qui venait de lui parler ainsi, et ils montèrent vers le front. Tout le long de la route, des soldats fatigués, harassés, reconnaissaient les trois étoiles du général sur son casque, lui souriaient et l'acclamaient. « Colonel, dit Patton, voici des hommes qui attendent de vous des directives. Sans votre insigne, ils ne vous connaissent pas. Un chef doit être à l'avant pour commander, même s'il doit se faire tuer et ses hommes doivent savoir qu'il est leur chef. »
Après avoir regroupé son armée et massé ses chars, Patton aurait désiré partir à l’attaque de Rommel, mais il dut rester à Tébassa, car si les blindés de Rommel étaient égaux en nombre, ils étaient aguerris et entraînés. Cette fois, il fallait ruser avec l'ennemi.
En un mois, la vallée de Sbeitla fut libérée. Le 7 avril, sept patrouilles de la 9e division venant de GafSa opérèrent leur jonction avec la 8e armée de Montgomery à une trentaine de kilomètres de la côte.
Enfin l'armée américaine prit sa revanche sur Rommel grâce au général Patton qui lui tendit un piège à El Guettar. Rommel y tomba. Il perdit d'un seul coup soixante chars et n'essaya plus de contre-attaquer.
Tandis que Patton refoulait l'ennemi vers la mer, infligeant ainsi aux Allemands un nouveau « Dunkerque », Leclerc libérait Ksar Rbilanne, ce qui permettait à Patton de prendre à revers la ligne Mareth.
De son côté, la 1re armée américaine descendait vers Bizerte pour couper la retraite de l'ennemi de ce côté.
Enfin le général von Arnim avec ce qui restait de la division Panzer fut fait prisonnier au Cap Bon.
Le général Alexander conféra à Patton, de la part de Sa Majesté britannique, le grand ordre de Bath, qui est une des distinctions les plus recherchées de l'Angleterre, ainsi que celui de George VI.
Les Français nommèrent Patton « Caporal d'honneur du 2e tirailleur algérien et le Général Giraud lui remit la cravate de commandeur de la Légion d'Honneur.
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La campagne d'Afrique terminée, Patton fut envoyé à Rabat afin de préparer la 7e armée américaine à une opération amphibie de grande envergure contre la division Goering qui était massée en Sicile.
Fidèle à ses habitudes, Patton étudia et fit étudier mûrement à ses officiers le terrain, à l’aide de cartes et d'une multitude de photographies.
Des croiseurs furent munis de canons d'un modèle spécialement étudié pour les opérations de débarquement avec un système de lance-fusées-projecteurs. Au mois de juillet, mille cinq cents bateaux partirent des différents points de la côte nord-africaine transportant quatre divisions d'infanterie et bien entendu la fameuse 2e division blindée.
Au cours de la traversée, le vent s'éleva et les troupes souffrirent horriblement du mal de mer. C'était un mauvais début pour la campagne qui s'avéra pénible.
L'aviation avait pilonné Gela, ce qui n'empêcha pas une contre-attaque des Allemands, rapide et violente. Il s'en fallut de peu que les assaillants fussent rejetés à la mer au cours des combats sanglant qui eurent lieu.
Le Général Patton avait assisté à bord du Monrovia au débarquement de la 2e division blindée dont il suivait les épreuves et les difficultés sans nom.
Ne pouvant supporter la vue de ce véritable massacre, Patton se fit mener à la plage de débarquement. C'était une horrible confusion de canons, de mitrailleuses, de chars qui avaient explosé avant même d'être arrivés sur la côte et qui brûlaient encore. Pendant ce temps, les hommes ne cessaient de débarquer courageusement sous le tir infernal des Allemands.
Patton resta sur la plage afin de parler à ses soldats et de leur prodiguer les encouragements dont ils avaient tant besoin.
II y eut alors un combat unique dans l'histoire : deux croiseurs américains s'étaient avancés aussi près que possible de la côte et avaient ouvert le feu sur les chars allemands et italiens qui furent détruits. Ce fut grâce à cela que Gela put être prise, ainsi que l'aérodrome de Biscari. C'était là un fait d'une très grande importance puisqu'il donnait aux Américains la maîtrise de l'air.
Palerme fut très rapidement emportée avec l'aide des troupes parachutées, mais l'avance sur la côte Tyrrhénienne fut beaucoup plus longue, car l'ennemi tenait obstinément ses positions avantageuses.
Pour éviter des pertes en hommes qui risquaient d'être très lourdes, le général Patton décida de livrer un nouvel assaut amphibie afin de prendre l'ennemi par derrière.
La tactique réussit pleinement et, dans la nuit du 11 au 12 août, il débarqua à Terranova et, de là, prit Santa-Agata di Montebello puis Capo Ollando.
Après un assaut féroce qui vainquit enfin la résistance allemande, ce fut, avec l'ennemi, une course effrénée pour arriver avant lui au détroit de Messine et lui barrer la retraite.
Le 7 août, après cinq semaines de combats, la campagne de Sicile était terminée.
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1944 : le Débarquement des troupes alliées en Normandie |
Après la campagne de Sicile, Patton eut une période d'inactivité durant laquelle, sans aucun doute, l'ennemi se demandait avec anxiété quel nouveau tour leur préparait le terrible Général « Sang et Tripes ».
Patton rencontra en Sicile le président Roosevelt. Il alla ensuite au Caire, puis fit un pèlerinage en Terre-Sainte et revint de nouveau en Sicile.
Tout à fait secrètement cette fois, à la fin de janvier 1944, le général Patton se rendit en Angleterre. Il reçut alors la mission d'organiser et d'entraîner la 3e armée américaine au nord de l'Irlande.
Puis c'est le débarquement des troupes alliées sur la côte normande. Patton ne prend pas part aux premières opérations. Cependant, comme on peut aisément l'imaginer, bien avant de recevoir l'ordre de débarquer avec ses troupes, il voulut aller lui-même étudier le théâtre des opérations et il débarqua seul un beau jour en Normandie...
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1944, Juillet : l'arrivée de Patton en Normandie |
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Le 28 juillet, le général Bradley donna l'ordre à Patton, qui avait débarqué quelques jours plus tôt avec ses troupes à Cherbourg, de prendre part aux opérations en Normandie à partir du 1er août. Le 29 juillet, il alla inspecter les troupes aux environs de Coutances.
Il trouva un détachement de blindés sur la route tandis que leurs officiers se tenant à l'écart près d'une église étaient plongés dans l'étude des cartes de la région.
« Que faites-vous là ? demanda Patton. Pourquoi n'avez-vous pas traversé la Sienne ?
- Nous étudions justement le moyen de le faire, mon général, mais nous ne trouvons pas d'endroit où nous puissions la passer à gué.
- Quels efforts avez-vous donc faits pour cela ? » Puis il leur dit qu'il venait lui-même de voir la Sienne, qu'elle était à peine profonde de quarante centimètres et que la seule défense qu'il y eût à sa connaissance était une unique mitrailleuse.
« Mieux vaut constater une fois que de se fier à cent rapports, ajouta-t-il. Vous aurez mieux fait d'aller voir vous-même. » Les officiers comprirent la leçon, et la 4e division blindée devint l'une des plus héroïques de cette campagne.
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1944, Août : la IIIe Armée de Patton entre en action |
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La trouée d'Avranches permit une opération de grande envergure.
En une seule nuit, le front se déploya en éventail à travers la Bretagne sur des centaines de kilomètres. Il faut, à ce propos, noter la coopération étroite qu'il y eut entre les chars et l'aviation. Les chars ne laissaient pas le temps aux colonnes blindées ennemies de se déployer. Elles étaient obligées de rester sur les routes où elles étaient pilonnées par l'aviation.
Sur un front aussi vaste, tous les moyens de communications les plus divers furent employés, jusqu'aux pigeons-voyageurs.
Le 7 août, Patton apprit par un F.F.I. que le pont d'Angers était intact, il envoya alors le général français Gaffey attaquer Angers avec quelques blindés.
Des allemands résistaient encore à Brest, Lorient et Saint-Nazaine, mais ne constituaient plus un danger.
La 5e division blindée américaine combattait avec notre 2e D.B. Le 11 août, le Général Patton essaya en vain de rencontrer le général Leclerc au Mans.
La 2e D.B. et la 5e division blindée conjuguant leurs efforts avaient pris Alençon et Argentan, mais le 20e corps avançait plus péniblement et tournait par le Nord-Est. |
1944, fin Août : la Seine et l'Yonne sont franchies |
Le 20e corps continua donc d'avancer vers la Seine qu'il traversa à Melun après un dur combat, tandis que le 12e corps traversait l'Yonne à Montereau et à Sens. La Seine et l'Yonne étaient désormais des barrières inutiles pour les Allemands.
Le 26 août, Patton écrivit au général Eisenhower: « Aujourd'hui, j'ai craché dans la Seine. » Le 15e corps, qui avait pris Paris avec la division Leclerc, faisait en fait partie de la 3e armée dont il avait été détaché vers le 15 juin.
Lorsque Paris fut libéré, le 15e corps fut réintégré dans la 3e armée et participa à l'avance sur Metz.
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1944, novembre : Metz tombe |
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Les blindés avançaient alors avec une rapidité libérant Soissons, Reims. Château-Thierry fut libéré le 28 août, mais à ce moment, la 3e armée se trouva incapable de continuer une avance si brillamment commencée, le ravitaillement en essence qui n'avait pas été prévu pour une telle avance, ne suivait pas. Les blindés n'avançaient plus qu'avec l'essence prise aux Allemands qui fuyaient sans combat. Cependant, faute de carburant, les blindés durent s'arrêter pendant douze jours devant Metz. Cette perte de temps permit à l'ennemi qui avait quitté la ville de se regrouper et de rentrer dans la forteresse où il renforça sa position et que l'on dut reprendre, alors bastion par bastion.
Toute cette période, entre le 25 septembre et le 25 novembre, fut donc très pénible pour la 3e armée qui ne pouvait avancer et subissait le brouillard et des pluies. Les rivières montaient et rendaient les opérations à venir plus difficiles et plus pénibles pour les hommes. La forteresse finit enfin par tomber et la prise de Metz permit aux Alliés, et en particulier à Patton, de refouler l'ennemi jusqu'au Rhin.
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1944, décembre: la contre-attaque de von Runstedt dans les Ardennes |
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Metz prise, Patton demanda à Eisenhower :
« Si la 3e armée prenait une tête de pont sur la Sarre, aurait-elle la possibilité de l'exploiter ? ». « Allez-y ! répondit Eisenhower. »
Il n'en fallait pas plus pour élancer le fougueux général.
Le riche corridor de la Sarre dans lequel se trouvait la majeure partie des industries de guerre allemandes était gardé par la ligne Siegfried et par une formidable artillerie.
L'avance était rendue extrêmement difficile et pénible à cause des mines et des chausse-trapes de toutes sortes, dans lesquels l'ennemi déployait des trésors d'ingéniosité. De plus, les pluies continuelles avaient détrempé le terrain à tel point qu'il était impossible aux chars embourbés d'avancer.
Patton, à son tour, fit preuve d'ingéniosité. Il fit mettre aux roues des rebords qui, formant comme les pattes palmées des canards, leur donnaient une plus grande assise dans la vase et la boue des fondrières. Ayant demandé de quoi équiper ainsi ses chars, il reçut du matériel pour en équiper un seul ! Patton était, comme on le sait déjà, tenace et persévérant : on ne lui envoyait pas de matériel. Qu'à cela ne tienne ! Il en trouverait.
En fait, les chars mis hors de combat et inutilisables ne manquaient pas autour de lui. Quatre compagnies de génie furent de corvée, travaillant jour et nuit pendant six jours pour équiper, à l'aide des débris des chars abandonnés, les deux cent cinquante chars qui traversèrent la Sarre à Saarlautern et à Sarrebrück.
Le 17 décembre, les bruits qui circulaient depuis la veille sur le brusque réveil de von Runstedt se précisaient. En face du 20e corps, on voyait un mouvement considérable dans les troupes allemandes, tandis que des unités allemandes étaient dispersées sur toute l'étendue du front.
Patton ne voyait là qu'une feinte, mais Eisenhower trouvait la situation grave.
En effet, von Runstedt, dans un ultime effort, traversa la forêt des Ardennes au nord du secteur de Patton, écrasant presque la 1re et la 8e armées américaines et fit en trois jours une brèche profonde dans les lignes américaines. Il s'en fallut de peu que le Q.G. de la 1re armée ne fût fait prisonnier à Spa.
Si l'attaque allemande réussissait, on risquait de voir la guerre en Europe se prolonger indéfiniment. Elle mettait en danger toute la réserve de carburants américains qui se trouvait à Malmédy dans un secteur fortement menacé par l'ennemi dans son avance rapide sur Verdun.
Devant l'imminence du danger, le général Eisenhower arriva de Paris à Luxembourg, où il réunit son état-major. Ce fut une triste conférence dans laquelle seul le bouillant Patton restait confiant dans l'avenir.
Il réussit même à rendre son entourage plus optimiste.
« Que von Runstedt passe : Qu'il aille jusqu'à Paris, s'il le veut ! Nous le rattraperons toujours à la base. » Puis il proposa d'attaquer, le 22 décembre, avec la 4e division blindée et les 26e et 80e régiments d'infanterie.
« Car il faut attaquer, disait-il. Quand nous attaquons, l'ennemi ne peut que se défendre, mais si nous restons sur la défensive ou si nous préparons une attaque, c'est l'ennemi qui peut nous assaillir. »
Et il interdit d'user du terme « d'opérations de défensive ». Mais, les jours qui précédèrent l'attaque furent, pour lui, des journées de grande inquiétude, Patton retira plusieurs divisions des lignes, ne laissant que ce qu'il fallait pour tenir l'ennemi en respect, et les fit remonter vers le Nord depuis Sarreguemines jusqu'à Arlon en bordure du Luxembourg. En une nuit, il les lança toutes sur le flanc allemand, tandis que d'autres unités, tournant par les forêts et les montagnes se jetaient à toutes forces sur l'ennemi, au bas du saillant des Ardénnes. Il se prépara alors à marcher sur Bastogne ou la 101e division aéroportée se trouvait encerclée.
Mais le 24 décembre, une violente contre-attaque allemande fit reculer de plusieurs kilomètres la 4e division blindée. Les soldats étaient surmenés. Sans prendre aucun repos, ils avaient attaqué de jour et de nuit par un temps affreux. Les pluies ne cessaient pas. Il faisait un brouillard perpétuel qui rendait la visibilité extrêmement difficile.
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1945, janvier : Patton libère Bastogne |
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Enfin, le jour de Noël, le général Patton alla visiter toutes les divisions de combat. Le temps était meilleur.
« Allons, les gars, c'est un beau temps pour tuer les fridolins. » L'avance continua. Mais Bastogne restait encerclée car le mauvais temps n'avait pas permis le ravitaillement par air - le seul possible en hommes et en matériel.
Ce soir-là, le général Patton assista au dîner de Noël qui avait lieu au Q.G. du général Bradley. L'idée de Montgomery était de faire reculer les troupes de Patton sur des positions de défense jusqu'aux Vosges ou même jusqu'à la Moselle. Patton rejeta cette idée avec horreur, car elle impliquait que tous les Français des territoires récemment libérés d'Alsace et de Lorraine retomberaient aux mains de l'ennemi dont ils auraient sans aucun doute à subir des traitements plus durs encore qu'auparavant.
Grâce au refus de Patton et à une grosse contre-attaque fortuite qu'il livra avec la 87e division d'infanterie et la 2e division blindée, le 30 décembre, il empêcha les Allemands de fermer le corridor de Bastogne.
Enfin, après l'attaque d'Houffalize par le 8e et le 3e corps, l'opération pour délivrer Bastogne commença. Elle se termina avec succès le 17 janvier.
Les Allemands donnaient des signes certains de défaillance. Dans un groupe de cent cinquante prisonniers, on trouva les éléments de dix unités, ce qui montrait assez la désagrégation de l'armée allemande.
Le 22 janvier, von Runstedt abandonna le front, redevenu ce qu'il était au 16 décembre, et l'on put ébaucher un plan de campagne d'Allemagne.
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1945, 29 janvier : Patton attaque la vallée de la Sarre |
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Le plan du haut commandement allié prévoyait, pour entrer en Allemagne, que la 1re armée attaquerait à l'Est de Cologne, utilisant ainsi la brèche faite par elle en novembre, tandis que la 3e armée resterait sur la défensive et maintiendrait la pression sur Saint-Vith pour faire la jonction avec la 7e armée.
Patton n'était pas de cet avis. Fidèle à ses principes, il voulait continuer d'attaquer sur la vallée de la Sarre. Lorsque Bradley demanda à Patton vers quelle date il pensait être prêt à pratiquer les opérations de défense, Patton répondit :
« Si on ne me laisse pas attaquer, je préfère passer le commandement à un autre. » Et Patton attaqua. Le 29 janvier, un premier bataillon d’infanterie traversa l'Our sans trop de difficultés.
Il ne devait pas en être ainsi quelques jours plus tard, quand, le 7 février à 1 heure du matin, la 5e division blindée traversa la Sarre.
Elle eut à surmonter les plus grandes difficultés. Les pluies qui n'avaient pas cessé pendant de longues semaines, avaient fait déborder la rivière à tel point que les eaux avaient recouvert entièrement les réseaux de barbelés qui bordaient la rive ennemie et les hommes qui étaient parvenus à traverser la rivière malgré le courant, se prenaient maintenant dans les barbelés en sortant de leurs embarcations. De nombreux soldats périrent ainsi, noyés, dans cette opération héroïque.
La 5e division blindée avançait en territoire allemand, malgré les mines posées de toutes parts. Le général Patton arriva bientôt lui-même visiter la division et la récompenser d'un effort surhumain. La joie des soldats de voir leur chef fut immense. On alla jusqu'à dire qu'il avait passé la Sarre à la nage. En réalité, il l'avait passée sur un pont d'assaut, en grande partie submergé, et sous un écran de fumée.
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1945, mars : le franchissement du Rhin |
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On eut bientôt trois têtes de pont sur la Sarre, par lesquelles les blindés se déversèrent en territoire allemand.
Patton avançait vers Trier.
« Puis-je continuer ? » téléphona-t-il au général Bradley, « Oui, tant que je n'ai pas l'ordre de vous stopper. Les ordres viendront par téléphone. Mais j'aurai soin de me tenir éloigné du téléphone. » Et Patton continua. Le 1er mars, avec la 10e division blindée, il prit Trier et un pont intact sur la Moselle grâce à l'héroïsme d'un Lieutenant-Colonel qui, placé en tête de son bataillon aperçut les fils qui reliaient aux charges de dynamite l'autre côté du pont. Sautant hors de son véhicule, il courut couper les fils et sauva le pont.
Pendant ce temps, d'autres unités se frayaient un chemin à travers les épaisses forêts de l'Eifel à coups de bulldozers, transportant la nuit parla vallée de la Moselle les grands bateaux qui devaient servir à la traversée du Rhin. La 4e division blindée arrivait à toute allure de Trier.
Patton remonta le long du fleuve pour retrouver la 1re armée qui descendait à sa rencontre, encerclant dans ce mouvement quarante mille Allemands.
L'aviation pilonnait sans répit les communications ennemies et leurs transports. La retraite allemande fut entièrement coupée et l'on fit un million de prisonniers.
La traversée du Rhin fut extrêmement facile. Il n'y avait eu besoin cette fois d'aucune reconnaissance préliminaire. Elle eut lieu la nuit du 22 mars avec des voitures amphibies et des embarcations d'assaut, près d'Oppenheim au sud de Mayence. Rien dans le mouvement des troupes n'avait donné l’éveil aux Allemands qui n'ouvrirent le feu que beaucoup trop tard.
L’avance fut ensuite si rapide qu'il fallut parachuter cartes, munitions et carburants. Ce fut Patton qui délivra les déportés du camp de Buchenwald. Devant tant d'horreurs, son indignation ne connut plus de bornes. Il exigea que les Allemands civils voient de quels crimes les nazis avaient été coupables. Il ordonna à ses hommes de prendre tous les habitants qu'ils trouveraient dans le voisinage et le lendemain il montra à douze cents civils allemands, sans rien leur épargner, ce spectacle d'horreur indicible qu'était le camp de Buchenwald.
Dans les jours qui suivirent, les troupes du général Patton firent, dans les mines de sel de Merkers, la découverte de millions d'or et de tous les chefs-d'œuvre d'art volés en France, en Belgique et en Hollande que les Allemands y avaient ainsi mis à l'abri.
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1945, 8 mai : l'armistice |
Le 8 mai enfin, Patton fêta l'armistice en faisant encore cinquante mille prisonniers.
Fin mai, le PC de la IIIe Armée se dirige vers la Bavière pour s'établir à Bad Tolz. Gouverneur de Bavière
Fin septembre, il est relevé de ses fonctions à la IIIe armée pour être placé à la tête de la XVe armée, une armée qui n'en est pas vraiment une et qui est chargée de rédiger une histoire de la libération de l'Europe.
Le 7 octobre a lieu la passation de commandement au général Truscott.
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1945, 9 décembre, 21 décembre : le tragique accident et le décès de Patton |
En juin 1945, Patton mit pour la dernière fois le pied sur son sol natal. On lui fit un accueil délirant d'enthousiasme. Il fut reçu en triomphateur et fêté dans toute l'Amérique.
Revenu en Allemagne, il devait y trouver la mort dans un accident stupide.
Le matin du 9 décembre 1945, il était parti chasser aux environs de Mannheim. Il était seul avec un Général de son état-major et un chauffeur. Sur la route, un GMC tamponna la voiture qui fut projetée en avant.
Quand on releva Patton, qui avait la nuque brisée, il dit alors :
« C'est trop bête de mourir comme cela. » Cependant, il ne succomba pas immédiatement. Transporté à l'hôpital de Heidelberg, il lutta de toute la force de sa solide constitution.
Les médecins reprenaient courage, mais le 21 décembre, il expira.
Le Général Patton avait toujours désiré mourir dans une bataille...
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1945, 24 décembre, le Général George Smith Patton est inhumé au Luxembourg |
Le 24 décembre 1945, le Général Patton sera inhumé à Hamm au Luxembourg.
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